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Stress des dirigeants

Chef d'entreprise, une espèce à protéger

Concombre masqué
Un capitaine doit savoir garder le cap en toutes circonstances, le malaise des patrons relève donc du non dit par crainte de paraître faible. Du côté des médias,le malaise des patrons n'est pas un sujet"vendeur"Les images simplificatrices quand elles ne sont pas caricaturales sont plus porteuses: des patrons qui en veulent toujours plus, qui ne sont jamais contents, qui s'en mettent « pleins les poches". Au quotidien les situations difficiles dont certaines conduisent au suicide sont de plus en plus nombreuses.

La parole est difficile sur ce sujet. Exprimer un ressenti d'épuisement physique et mental ne correspond pas au vocabulaire du chef d'entreprise. Et pourtant sur le terrain, les cas de burn out, d'épuisement psychique dont certains cas conduisent au suicide, notamment en cas de défaillance d'entreprise à laquelle on a consacré sa vie, son temps, et sacrifier sa famille bien souvent, se multiplient dans un relatif silence.  Relatif car depuis quelques mois, le "coming out" de certains courageux installe doucement le débat sur la place publique.

Un exemple parmi d'autres : Pour la première fois le mot ras le bol dans le sens d'épuisement a été prononcé par un participant dans le jeu des questions réponses d'une conférence qui réunissait 800 entrepreneurs à l'occasion d'une cérémonie de voeux. . Oser dire devant  ses pairs et les média, que l'on est en situation de détresse physique et morale, c'est à la fois très courageux et symbolique d'un vécu devenu insupportable.

Par effet domino, la parole s'est libérée à l'issue de la conférence, et certains ont pu exprimer cette sensation d'épuisement physique, de perte de sens, d'envie, et notamment d'envie de se battre, ressort quotidien d'un chef d'entreprise, responsable vis-à-vis de ses salariés, de « sa » boite. Ceci est évidemment plus particulièrement prégnant pour les entrepreneurs propriétaires de leur entreprise, que celle-ci leur ait été transmise familialement, qu'ils aient racheté une entreprise ou créé leur propre entité.

Plus envie de se battre, plus assez de force pour se projeter positivement dans l'avenir, plus assez de « gniaque » pour faire face à la cascade de règlementations, normes et taxes à répétition,  à la complexité administrative, aux aléas des marchés, l'impression de ne plus progresser.... Or l'innovation, la créativité, ressorts indispensables à la pérennité des entreprises ne peuvent naître et croître dans un contexte de lassitude et d'épuisement. 

Pour la première fois, sans fausse pudeur, certains ont « osé » dire qu'en rentrant le soir à la maison, un questionnement insidieux apparaissait qui se prolongeait sur une nuit d'insomnie, que l'envie, le goût des choses simples, des hobbies habituels disparaissait progressivement, que l'irritabilité, les maux d'estomac, les douleurs cervicales et autres pathologies devenaient des compagnons de route avec lesquels il fallait s'accommoder...

Un constat libérateur qui a certainement, l'espace d'un instant, redonner un peu de courage à tous en réalisant que « tous étaient atteints » à des degrés divers.

Hier un silence pudique, aujourd'hui,  une notion d'urgence, celle de s'intéresser à ce fléau. Des initiatives existent, tant au niveau de premières études, dont notamment celle d'Olivier Torrès, chercheur à l'Université de Montpellier, que des actions terrain, comme l'exemple du Tribunal de Commerce de Saintes en Charente Maritime, mais elles doivent être dupliquées très vite.

Comme on protège le crapaud calamite, la globulaire de Valence et autres éléments de faune flore qui sont des sujets d'études dans les enquêtes publiques préalables à tout chantier d'envergure, la population des chefs d'entreprise est une espèce à protéger et le programme doit commencer dès maintenant. 

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http://www.allure-atlantique.com/blog-toolesatoo/stress-des-dirigeants/122--les-dirigeants-et-leur-sante-les-tabous-tombent.html  

 

 

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