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Stress des dirigeants

Expérimenter la solitude nourrissante

chemin Magnac
Etre dirigeant, c'est être souvent confronté à la solitude même si le style de management est participatif.La solitude devient un poids lorsque l'entreprise traverse des zones de turbulences,le dirigeant a alors tendance à se replier encore plus sur lui-même. Comment passer d'une solitude qui détruit à une solitude qui nourrit ?

Eté gersoisLa solitude des dirigeants n'est souvent comprise que par eux car douloureusement vécue en période de difficultés.

Comment se confier à l'un de ses pairs sans paraître en situation de fragilité pour soi et pour son entreprise ? en parler à sa famille sans l'inquiéter ? A qui confier ses interrogations et ses doutes, si ce n'est à ses nuits blanches ? Comment être certain de faire le bon choix sans un regard extérieur bienveillant ?

La solitude du dirigeant relève de l'exercice du pouvoir. Elle est consentie car consubstantielle au choix de vie professionnelle pris avec allégresse, envie, passion.  Elle peut se partager comme cela se pratique au sein du  Centre des Jeunes Dirigeants, mouvement,  d'expérimentation d'innovation et de partage, qui permet de se former au métier de dirigeant, tout en étant soi même force de proposition pour ses confrères. 

Lorsqu'elle ressemble à une marche sans fin, il peut être tentant de vouloir échapper aux « pensées parasites » récurrentes par une sur-activité forcée, or ce comportement renforce l'isolement et conduit à la perte progressive de toute vie sociale. Le syndrôme d'épuisement professionnel se nourrit aussi de cette solitude subie et inconsciemment entretenue.  

Cette accumulation de stress, inhérent à la fonction de dirigeant, n'est pas une fatalité.

Vivre en permanence dans la sur-activité est contre productif à terme et dangereux pour la santé. Comment dès lors transformer des moments de solitudes subies en moments de solitude ressourçante ?

Lorsque je propose à mes clients de trouver dans leur journée un petit moment pour eux, rien que pour eux, la réponse fuse souvent « mais vous ne vous rendez pas compte de ce qu'est ma vie professionnelle, oû voulez vous que je le trouve ce moment ? »

« Et si un client très important vous demandait de vous libérer pour venir signer un beau marché, lui répondriez vous que vous n'avez pas le temps ?.... Etes vous si peu important à vos propres yeux ? »

Au milieu des to-do list quotidiennes, je propose de glisser une toute petite to-be-list« De quoi ai-je besoin pour me ressourcer ne serait-ce que 15 minutes, quelque chose qui n'est pas une activité physique qui demande de se déplacer, de se changer, et donc qui prend plus d'un quart d'heure ? »

Que ce soit sous forme de mindfullness, ou méditation laïque, d'une marche solitaire en prenant le temps de voir ce qui se passe autour de soi et de se placer dans l'observation et non dans la performance de la distance parcourue, ce silence est toujours un moment de connexion avec soi même. Le médecin psychiatre Christophe André et auteur à succès  parle du silence avec délectation : « le silence a pour moi le goût du bonheur, le goût de l'attention respectueuse portée au monde, le goût de la lenteur, de l'humilité, de l'ouverture. Il faut se taire pour laisser le bonheur s'approcher, pour l'écouter nous traverser... » 

La mise en pratique

Inspirée de la méditation en marchant des moines boudhistes zen, la marche en silence est relativement simple à adapter à une journée professionnelle intense. Choisissez dans votre semaine un (plusieurs) moments où vous pourriez prendre le temps de marcher seul(e) en silence et en conscience de ce que vous faites. Visez au départ un objectif relativement simple, un quart d'heure par exemple, l'idée principale étant de se faire plaisir et non de s'ajouter une contrainte supplémentaire. Lors de votre marche, essayez de prendre conscience de votre style de pas, de ce que vous ressentez corporellement, de ce que vous observez autour de vous.

Bien entendu des pensées vont surgir « j'ai oublié de téléphoner à X, il faut que je règle tel dossier avant ce soir, je perds mon temps... » Peu importe, prenez conscience qu'elles sont là et laissez les  passer,  revenez à votre marche, au rythme régulier de votre respiration, à l'observation de ce que vous voyez, que vous entendez...

Le silence n'est pas le vide, c'est un exercice de rencontre avec soi même. Progressivement vous deviendrez plus familier avec cet exercice et vous éprouverez le besoin de le faire plus régulièrement. Ne vous fixez aucun enjeu, laissez seulement cette posture d'observateur de vous-même se fortifier d'elle-même sans effort.

Un silence nourrissant qui « recharge les batteries », vous serez étonné de constater avec quelle fraîcheur d'esprit vous reviendrez travailler.

 

Un autre exemple 

http://www.allure-atlantique.com/blog-toolesatoo/le-lapin-d-alice/89-peut-on-se-deconnecter-de-l-emprise-du-temps.html 

 

 

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