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Sujets sensibles et crises certaines

JE SUIS CHARLIE : la rue, cellule psycho du jour

marche républicaine Angoulême
Faire place d'abord et avant tout à l'émotion, et à toutes les formes de son expression, c'est la première phase indispensable à tout processus de résilience, de reconstruction. En gestion de crise, les cellules psychologiques s'ouvrent toujours sur cette libération de la parole, de la douleur, sur la possibilité de mettre des mots, des gestes, sur l'inacceptable de quelle que nature qu'il soit. Vient ensuite le travail de deuil nécessaire et indispensable et dont le temps plus ou moins long selon chacun conduit peu à peu à une phase d'acceptation et de renaissance...

Alors que la semaine commençait sous le signe de la reprise des activités quotidiennes et de l'incontournable petite musique des vœux de bonne année, 48 heures ont changé complètement le cours de la vie de chacun d'entre nous, spectateurs impliqués d'évènements inimaginables l'instant d'avant. Je ne parle pas bien évidemment des personnes et des familles qui ont été directement touchées et qui vivent un drame absolu.

Entre le choc, notamment des images diffusées en boucle soit par les chaînes de télévision fonctionnant en mode continu, soit par les réseaux sociaux, témoins directs prenant des images ou des vidéos, et la diffusion virale exceptionnelle de ces évènements, difficile de ne pas se sentir directement interpellé et concerné. C'est alors que 3 mots, issus de l'émotion brute d'une personne(1), sont devenus un signe de ralliement planétaire de refus du fanatisme et du terrorisme. (2)

Réputation lab buzz JE SUIS CHARLIE

3 mots qui cristallisent l'émotion, et dont chacun s'empare, recouvrant des expressions différentes, et dépassant progressivement le seul soutien au média concerné pour exprimer le non à la peur, le refus de la violence aveugle, la foi en la démocratie...

Et c'est ainsi que plusieurs millions de personnes se retrouvent dans la rue : 700 000 le 10 janvier, plusieurs millions aujourd'hui dans un grand phénomène rarement connu  en France de communauté résiliente.  

La résilience communautaire se définit comme la capacité d'une communauté de continuer à vivre et fonctionner après un traumatisme, une catastrophe. Cette communauté constituée  s'organise pour surmonter le traumatisme dans un esprit de cohésion tout en restant ouverte à son environnement extérieur.

Se retrouver ensemble dans la rue, marcher en silence, dans le recueillement, dans la joie également, chanter et applaudir, rencontrer d'autres personnes que nous n'aurions peut-être jamais croisées la semaine dernière, nous permet non pas d'accepter l'inacceptable mais de prendre conscience collectivement que l'évènement traumatique est surmontable à terme dès lors que l'émotion aura été suffisamment libérée. 

Cet exercice de catharsis collective est salutaire et refondateur.

Il est bien trop tôt pour tirer des enseignements de cet exceptionnel mouvement d'énergies individuelles, « moment de grâce » démocratique. Sera-t-il  générateur d'une autre lecture du monde actuel ? Quelques voix dissonantes, quelques intérêts mercantiles ont osé profiter de l'évènement, quelques clivages politiques et/ou idéologiques ont commencé à ressurgir en fin de semaine.  Espérons que cet immense élan ne reste pas vain.

http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/01/09/je-suis-charlie-c-est-lui_4552523_4497186.html

http://www.reputatiolab.com/2015/01/analyse-de-jesuischarlie-sur-les-reseaux-sociaux/#sthash.A3khf5di.yXAzUPft.dpbs

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